DÉLIT DE LONGUEUR

Aujourd’hui parlons longueur. Depuis l’histoire des peaux de bêtes et encore bien après celle des talons « Lobster Claw » d’Alexander McQueen, chaque femme subit avec rigueur le diktat de la jupe. Instrument de désir, c’est la plus pervers de nos pièces : sous les genoux vous êtes bonne à marier à un prince d’Angleterre et mi-cuisses les regards se posent sur vous comme si vous ressortiez d’une boîte gay échangiste. Un pied dans chaque camp, à n’importe quelle saison, avec ou sans collant, en lin ou en cuir le faux pas dans l’excès d’ourlet nous guette à chaque surpiqûre. Malheureusement plus les temps avancent plus la mode évolue et le tissus se fait rare pour cacher nos jambes, volonté de féminité ou provenant purement d’une nouvelle sorte de vice masculin ? Il est vrai qu’en terme de mode les hommes sont partout autant sur les catwalks que dans la rue pour nous chanter des obscénités quand la tenue est jugée trop indécente pour ces messieurs.

Finalement la tombée de notre jupe est-elle dictée par le sexe opposé ? Ne serais-ce qu’une simple histoire de retenue sexuelle ? La question trotte sûrement dans pas mal de vagins sur pattes. Mais l’audace est aussi mal reçue que l’ourlet mi-cuisse, et les femmes mettent rapidement leurs jupes en arrêt maladie. Mais c’est la société qui est malade, pas la jupe ! Alors a qui revient le délit de longueur ? A nos crieur de rues ou aux harcelées ? Du moment que celle-ci n’est pas oubliée après la panne de réveil du lundi matin, gardons à l’esprit que sa taille importe peu. Du 34 au 42, le droit nous revient de choisir si nous la voulons moulante ou à frange, très courte ou à nos pieds, la minijupophobie n’est pas une fin en soit, et le revendiquer n’est pas encore considéré comme une névrose du dimanche après-midi.

Résistez à l’oppresseur, vos jambes offertes au monde vous le rendrons. Et vous éviterez à Mary Quant de se retourner dans sa tombe.

C.

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